Franciscus Verellen

Rituel et société dans la Chine médiévale (2014-2019)

Programme achevé en 2019. Voir la publication finale :

Franciscus Verellen, Imperiled Destinies: The Daoist Quest for Deliverance in Medieval China, Cambridge, MA: Harvard University Asia Center / Harvard University Press, 2019.

Cet ouvrage rend compte de l'évolution, sur une période de huit siècles, des croyances taoïstes quant aux notions de culpabilité et de rachat, en investiguant les voies empruntées par les croyants pour sauver leurs destinées « en péril ».

Les sources historiques du Moyen-Age chinois dépeignent un monde englouti par le mal, où l'existence humaine est gagée dès la naissance, et encore accablée davantage tout au cours de la vie, par une accumulation de dettes et obligations ici-bas et dans l'au-delà. Entre les IIe et Xe siècles de notre ère, le taoïsme suscite la première organisation liturgique en Chine, qui dans un dialogue vigoureux et constant avec le bouddhisme, bouleversera la pensée chinoise sur des sujets aussi fondamentaux que les causes de la souffrance, la nature du mal et les visées de la rédemption. La rencontre du taoïsme classique et du yoga indien engendre au Ve siècle une nouvelle quête, tout intérieure, pour atteindre la délivrance du mal. L'ordre liturgique taoïste prend corps sous les Tang avec le développement de ses communautés monastiques, la participation d'une grande partie de la société laïque et tout un arsenal de rituels pour la sauvegarde de l'État.

Franciscus Verellen explique comment les sacrements taoïstes agissaient sur le monde invisible pour apporter à l'homme, effrayé par la mort, accablé par la maladie ou les deuils, guérison et extase de la délivrance. S'appuyant sur des textes de prière, des sermons liturgiques et des récits expérientiels, l'auteur conte la rédemption taoïste en déclinant son vocabulaire, en dégageant sa conception du sacrifice et déroulant les métaphores reliant les mondes visible et invisible. Les destinées gagées en péril obtenaient leur libération par le rituel ; l'homme était guéri, purifié, affranchi, délivré, passait des ténèbres à la lumière.

HUP reviews

Gao Pian homme d'Etat et seigneur de la guerre à la fin des Tang (2016-2021)

Le parcours de Gao Pian 高駢 (822-887) constitue un cas d'étude concernant les rapports entre autonomie régionale et innovation à la fin des Tang et sous les Cinq dynasties (850-965). Gao est un personnage hors du commun de l'histoire militaire, politique, et intellectuelle de cette époque. L'architecte des citadelles médiévales de Hanoi et de Chengdu, ainsi que d'ouvrages d'ingénierie civile et militaire à grande échelle dans plusieurs régions frontalières de la Chine, Gao fut aussi bien un homme d'État charismatique, attiré par les arts occultes et la stratégie, qu'un grand curieux, adepte taoïste et un poète talentueux. Après avoir combattu les Tibétains au Gansu, Gao mena, d'abord comme général puis comme commandant-en-chef des armées Tang, les guerres pour repousser les invasions du royaume Nanzhao (864-879) sur les frontières du sud-ouest et puis pour contenir la rébellion Huang Chao (875-884) dans le Shandong et la région du Bas-Yangzi. En tant que gouverneur militaire Gao marqua notamment le Protectorat général d'Annan (Vietnam du nord) et la province du Xichuan (Sichuan), avant de prendre le pouvoir en quasi souverain de la région du Huainan (Anhui).