Les archives de l’École française d’Extrême-Orient constituent un patrimoine documentaire unique, reflet de plus d’un siècle de recherches et d’échanges scientifiques entre la France et l’Asie.
Elles regroupent à la fois les archives institutionnelles de l’EFEO, rapatriées d’Indochine puis enrichies à Paris, et des fonds personnels de chercheurs qui ont marqué l’histoire de l’institution.
Elles représentent aujourd’hui près de 250 mètres linéaires de documents, qui couvrent la période allant de la création de l’EFEO (1898) à nos jours. On y trouve des archives administratives et scientifiques, des correspondances, des manuscrits, des photographies, des dossiers de fouilles et de restauration, ainsi que des fonds de chercheurs.
Histoire et évolution
Fondée en 1898 comme Mission archéologique permanente en Indochine, l’institution devient officiellement l’École française d’Extrême-Orient en 1900. Dès ses débuts, elle s’inscrit comme pionnière dans le contexte de l’expansion scientifique et coloniale française en Asie. Elle reçoit pour mission d’étudier les civilisations de l’Extrême-Orient, de préserver les monuments et de collecter des documents. Très tôt, elle rassemble manuscrits, inscriptions, estampages, photographies et objets archéologiques.
Les chercheurs de l’EFEO, installés en Indochine mais aussi en Chine, en Inde, au Japon ou en Thaïlande, produisent des archives d’une richesse considérable : carnets de terrain, correspondances savantes, rapports de fouilles, mais aussi documents administratifs témoignant du fonctionnement de l’École et de ses relations avec les autorités locales et coloniales.
La seconde moitié du XXe siècle marque une étape cruciale. À la suite des Accords de Genève le 21 juillet 1954 qui actent l’indépendance des pays de l’ex-Indochine, l’EFEO se trouve confrontée à la dispersion de ses archives. Une partie est laissée sur place, parfois intégrée aux nouvelles institutions nationales du patrimoine, tandis qu’une autre est rapatriée vers Paris. Ce mouvement complexe illustre la dimension politique des archives : elles sont à la fois un outil de recherche et un enjeu de souveraineté culturelle.
La thèse de Cécile Capot, La bibliothèque et les archives de l’École française d’Extrême-Orient : de la constitution à la crise de la décolonisation (1898-1959), analyse en profondeur cette évolution et montre combien les archives incarnent des tensions entre mémoire coloniale et études asiatiques.
Depuis 1968, date du transfert du siège à la Maison de l’Asie à Paris, l’EFEO a entrepris un travail de centralisation et de conservation. Les fonds ont été reclassés, puis progressivement décrits dans des instruments de recherche accessibles au public. Ce travail a permis d’intégrer les archives à des réseaux documentaires plus larges, comme Calames, le portail national France Archives, et le Portail européen des Archives, favorisant leur visibilité internationale.
Aujourd’hui, les archives de l’EFEO incarnent non seulement la mémoire d’une institution scientifique plus que centenaire, mais aussi l’histoire croisée de la recherche, de la colonisation et de la coopération culturelle entre la France et l’Asie. Elles forment un patrimoine vivant, qui continue de s’enrichir au fil des travaux menés par les chercheurs de l’École.
Quelques chiffres et repères
- 250 mètres linéaires de documents conservés à Paris.
- Un fonds historique : les Archives administratives et scientifiques (AAS), organisées en dix sous-fonds (Statut, Relations extérieures, Gestion du personnel, Dossiers des membres, Archéologies et monuments, Ethnologie et linguistique, Musées et dépôts, etc.).
- Des fonds de membres et de savants, dont celui de George Cœdès (cours, correspondances, recherches) et de la famille Elisseeff.
- Des fonds liés aux grands chantiers archéologiques et à la Conservation d’Angkor.
- Plusieurs milliers d’unités archivistiques décrites dans les inventaires en ligne.
Les fonds et leur organisation
Les archives se déclinent en plusieurs ensembles :
- Fonds Archives administratives et scientifiques : le cœur institutionnel, couvrant plus d’un siècle d’histoire administrative et scientifique.
- Fonds de chercheurs : Leroi-Gourhan, la famille Marchal, Bernard-Philippe Groslier, et d’autres chercheurs importants.
- Archives des chantiers archéologiques : Conservation d’Angkor et les restaurations de monuments comme le Baphuon ou les Terrasses royales d’Angkor.
- Objets et fonds iconographiques : Collection d’art tibétain, Imagerie populaire vietnamienne, Affiches de propagande de la République Populaire du Kampuchéa, etc.
Chaque fonds est décrit dans les inventaires accessibles en ligne, avec des notices et des références détaillées.
Consultation et accès sur place
En tant que service d’archives publiques, la consultation des archives est ouverte à toutes personnes inscrites à la bibliothèque de l’EFEO. Les demandes s’effectuent via un formulaire de réservation disponible sur le site des archives.
Les documents sont soumis au régime de communicabilité défini par le Code du patrimoine (articles L. 213-1 et suivants). Toute reproduction ou publication doit mentionner l’origine des documents : École française d’Extrême-Orient, Bibliothèque de Paris, [cote].
Les archives sont consultables aux horaires de la bibliothèque, du lundi au vendredi, de 9h à 18h, à la Maison de l’Asie.
Contact : sovannara.mey@efeo.net, bibliotheque@efeo.net.
Archives de l'EFEO
22, avenue du Président Wilson
75116 Paris
France
Accès transports en commun
METRO : ligne 6 (arrêt : Trocadéro) ; ligne 9 (arrêt : Iéna)
BUS : lignes 63, 92, 32
Horaires d'ouvertures
Du lundi au vendredi, de 9h à 18h.
+33 1 53 70 18 46
Dernière modification : 24 février 2026