Séminaire EFEO/ASIES

''Qu’est-ce que le confucianisme ?'': réflexions sur le discours essentialiste dans la Chine d’hier et d’aujourd’hui

Guillaume Dutournier

EFEO

Lundi 4 novembre 2022

De 9h30 à 11h30 (heure de Paris). La conférence aura lieu exceptionnellement en présentiel uniquement sur inscription préalable obligatoire.

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

À l’heure où, à rebours de l’antitraditionalisme qui fut longtemps hégémonique parmi ses élites modernisatrices, la Chine se réapproprie son passé dans une logique tantôt d’instrumentalisation politique, tantôt de redécouverte populaire, un débat historiographique traverse les études chinoises au sujet des contours et de la signification historiques de ce que, sous la double influence de la tradition doxographique chinoise et de nos projections eurocentriques, on a pris l’habitude d’appeler « confucianisme ». À partir d’enquêtes en cours sur les formes de controverse à l’époque prémoderne et sur les dynamiques de patrimonialisation dans la Chine contemporaine, on propose de revenir sur trois moments de ce débat afin d’éclairer certaines récurrences de l’essentialisation du passé en contexte chinois, ainsi que sur le mode d’existence collective de ceux qui, à différentes époques, ont pu se revendiquer d’une certaine distinction lettrée à coloration confucéenne.

Indigéniser le protestantisme bunong: les habitants des hauts plateaux du Cambodge entre rupture et continuité

Catherine Scheer

EFEO

Lundi 30 mai

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Cherchez le messie. Enquête sur la naissance de la rébellion de Pa Chay Vue (Batchai) au Tonkin

Jean Michaud

Université de Laval, Québec, professeur invité EHESS

Lundi 23 mai

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Problématiques de mobilité autour de la muraille de Quang Ngai (Vietnam)

Andrew Hardy

EFEO

Lundi 4 avril

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Construite en 1819, cette muraille s’étend sur 113 km du Nord au Sud pour séparer la plaine de la montagne et l'ethnie Viêt de l'ethnie Hrê. En dépit de l’interdiction du passage, les mobilités à travers cette frontière ont été nombreuses. L’étude de cet espace de circulation permet de proposer l’hypothèse que la muraille est le produit d’un phénomène migratoire de grande envergure : l’expansion territorial vers le Sud de l’empire vietnamien.  

Pouvoirs, politiques et société à Paluvur : étude épigraphique de la capitale des Paluvettaraiyars, dynastie mineure en Inde du sud (IXe-XIe siècles de notre ère)

Valérie Gillet

EFEO

Lundi 14 mars 2022

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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En Inde du sud, à une trentaine de kilomètres au nord de Trichy dans l’état moderne du Tamil Nadu, le petit royaume de Paluvur, siège de la dynastie mineure des Paluvettaraiyar (IXe-XIe), abrite quatre temples construits probablement entre les IXe et Xe siècles. Sur les murs de ces monuments se déploie un large ensemble d’inscriptions (environ 150) qui enregistrent toutes sortes de donations (donations de terres, d’or, de chèvres, d’huile pour des lampes, etc.) aux dieux, des arrêtés de régulation d’impôts et de propriétés terriennes. L’étude de ce corpus va nous permettre de déterminer quelles sont les communautés gravitant autour de chaque temple, ainsi que la manière dont se construit le pouvoir, autant politique que social, à travers ces nombreuses donations. Nous verrons également que chaque temple joue un rôle spécifique dans la société de Paluvur : nous étudierons l’impact de chacun et les liens qui se tissent entre ces différents monuments, tous dédiés à Shiva.

Images populaires chinoises : objets éphémères, objets de recherche

Michela Bussotti

EFEO

Lundi 17 janvier

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Ce séminaire proposera un aperçu à propos des estampes chinoises sur feuille isolée (leurs caractéristiques,  techniques, lieux de production), ainsi qu'une présentation de la brève histoire des travaux concernant ces imprimés "populaires" devenus objets de collection et de recherche

Le mythe de la cabane : l’éphémère peut-il devenir patrimoine ?

Benoît Jacquet

EFEO

Lundi 13 décembre 2021

De 10h30 à 12h (heure de Paris). La conférence aura lieu sur place dans la salle du rez-de-chaussée de la Maison de l'Asie et en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Dans l'histoire de l'architecture japonaise il n'y a presque aucun document sur l'habitat domestique, sur la maison. Ce n'est qu'au cours du XXe siècle que ce type de construction, qui est pourtant le plus archaïque, commence à devenir un sujet d'étude.  Nous présenterons comment s'est constitué, au fil des siècles, un patrimoine architectural non-monumental, celui de l'habitat. Nous observerons le cas des maisons de villes (machiya) qui constituaient, jusqu'au milieu du XXe siècle, le tissu urbain de Kyoto. À partir de représentations picturales prémodernes (XVIe-XVIIe s.), de plans modernes (XXe s.) et d'études de terrain, nous examinerons différents types de maisons, principalement d'artisans et de marchands, afin de montrer ce que l'on peut apprendre, aujourd'hui, de ce patrimoine non protégé.

Des ''chasseurs de sang'' dans la chaîne Annamitique. Archives, mythes et spéculations

Yves Goudineau

EFEO

Lundi 6 décembre 2021

De 10h30 à 12h  (heure de Paris). La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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En comparaison de l'évidence de la chasse aux têtes ritualisée telle qu’elle est attestée chez des populations des marges de l'Asie du Sud-Est ou de l'Inde du Sud (les Naga, les Wa, etc.), il n'y a que peu de données ethnographiques établies sur ce sujet concernant les habitants des hautes terres indochinoises de la chaîne Annamitique.  La présentation rappellera certaines informations glanées sur ces pratiques au cours de plusieurs années de travail de terrain auprès des populations de la Haute-Sékong à la frontière du Sud-Laos et du Centre-Vietnam (ethnies austroasiatiques Ta Oi, Kantou, Pacoh, Ngkriang...), notamment des témoignages indirects, des récits répétés sous forme de déni et quelques mythes associés. On reliera ces données aux archives retrouvées évoquant la question, et on s’interrogera sur l'identification des "Chasseurs de sang" plus spécifiquement aux Katu/Kantou vers la fin de l’époque coloniale. On verra que cela vaudra à ceux-ci une réputation durable de sauvagerie auprès des administrateurs français et des missionnaires, mais aussi ultérieurement, au cours des guerres d’Indochine et du Vietnam, une notoriété de combattants exceptionnels, perpétuée jusqu'à aujourd'hui. On évoquera enfin certaines théories anthropologiques récentes spéculant sur la « chasse au sang », malgré le peu de données empiriques crédibles.

Nouvelles perspectives dans l'histoire de la Chine

Alain Arrault

EFEO

Lundi 8 novembre 2021 (10h30 - 12h) (heure de Paris)

De 10h30 à 12h. La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Avec l’écoles des Annales dans l’entre-deux guerres, l’histoire européenne découvrit l’usage des archives et quitta l’histoire événementielle et "évolutive" pour une histoire sociale. L’histoire chinoise resta longtemps cantonnée dans une historiographie classique et ne connut de véritable tournant documentaire qu’avec des découvertes archéologiques du début du XXe siècle et surtout vers la fin de ce siècle avec l’apparition d’archives "populaires". Depuis les années 2000, collectes et catalogages de ces archives permettent aujourd’hui d’avoir une vision de plus en plus réaliste des pratiques institutionnelles et privée des sociétés locales, en particulier dans les régions du sud de la Chine, que ce soit du point de vue administratif, économique ou religieux.

Légende : Contrat établi entre les deux familles Wang et Wu de Kangshan à Yugan avec les familles Wan, Zhang et Xie de Nanshan à Xinjian, le 8e mois de la 15e année du règne de Jiaqing (1810) (Jiaqing shiwunian bayue Yugan Kangshan Wang, Wu er xing yu Xinjian Nanshan Wan, Zhang, Xie li hetong yiyue zi 嘉慶十五年八月餘幹康山王、吳二姓與新建南山萬、張、謝立合同議約字).

Construire une communauté religieuse à Taïwan : l'exemple de celle de la Vénérable Gongga (1903-1997)

Fabienne Jagou

EFEO

Lundi 31 mai 2021 (10h30 - 12h) (heure de Paris)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Reconnue comme un maître laïc à Taïwan, la Vénérable Gongga (1903-1997) concentre son autobiographie sur la retraite de trois ans qu’elle a effectuée au monastère Bo Gangkar au Tibet dans les années 1940. Le soin qu’elle apporta à la narration de son expérience spirituelle au Tibet fut crucial pour la construction de sa communauté dès le début des années 60 tandis que l’exploitation de ce récit par ses disciples est fondamentale pour son maintien aujourd’hui. L’analyse de ce récit et celle de sa transtextualité donneront à voir de quelles façons la transcription de son expérience spirituelle assura la légitimité de la Vénérable Gongga au début des années 60 et combien ses aménagements tardifs l’inscrivent dans la durée.

Logiques d’inventaire. Réflexions sur la trajectoire patrimoniale chinoise de l’antiquarianisme lettré à l’effervescence folkloriste actuelle

Guillaume Dutournier

EFEO

Lundi 12 avril 2021 (10h30 - 12h) (heure de Paris)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Indissociable de l’émergence de l’État moderne, et aujourd’hui universellement actif comme rapport des sociétés à elles-mêmes, le phénomène patrimonial revêt en Chine une importance relativement récente (par rapport à son institutionnalisation en Europe), mais significative et assurément originale. En témoigne notamment la façon dont, depuis les années 2000, une variété d’acteurs non exclusivement étatiques se sont emparés de la thématique du « feiyi » – acronyme pour patrimoine culturel immatériel – prolongeant ainsi la dynamique conservatoire engagée depuis plus d’un siècle par l’État chinois à travers la valorisation des sites, tout en l’orientant sur une voie de plus en plus idiosyncratique dont la durabilité, au demeurant, interroge. 

Comment penser les homologies et les singularités de cette trajectoire patrimoniale chinoise, où Simon Leys voyait l’ombre portée d’un « passé de mots, non de pierres », mais qui désormais s’abrite sous l’idiome internationalisé des différents patrimoines reconnus par l’UNESCO ? Quelles leçons en tirer pour nos recherches sur le terrain, où l’acte même de chercher peut être localement interprété en termes d’intentions patrimoniales 

Basée sur deux projets éditoriaux collectifs en cours, cette présentation évoquera une série de cas documentant la transformation du rapport chinois aux traces du passé, depuis l’émergence d’une approche sécularisante dans la Chine des lettrés jusqu’à l’engouement actuel pour les pratiques « traditionnelles ». On y verra que derrière la circulation des procédures d’inventaire et de conservation, et au-delà de la diffusion croissante d’une certaine sensibilité patrimoniale, c’est dans la longue durée et moyennant une tension comparative avec d’autres expériences du patrimoine que se révèlent les logiques profondes à l’œuvre dans les pratiques de patrimonialisation chinoises, ainsi que dans les valeurs qui leur sont attachées.

Le passé vu du ciel : Des complexes urbains révélés par télédétection en Asie du Sud Est

Damian Evans

EFEO

Lundi 8 mars 2021 (10h30 - 12h) (Heure de Paris)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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En utilisant des technologies innovantes comme le balayage laser aéroporté ("lidar"), les équipes d’archéologues sont actuellement en train de découvrir, cartographier et comparer les paysages urbains et agricoles entourant les complexes de temples en Asie du Sud-Est, tentant d'expliquer le rôle joué par les systèmes d'infrastructures et leurs impacts environnementaux dans le développement et le déclin des civilisations anciennes de la région. En intégrant les données et les techniques modernes de sciences archéologiques, telles que la télédétection, la paléoclimatologie et la géomatique, ce travail fournit des informations importantes sur les raisons de l'effondrement des empires agraires et leurs centres urbains au cours du deuxième millénaire de notre ère. Il a aussi des implications importantes pour la conservation du patrimoine urbain ancien qui reste préservé et utilisé dans le paysage contemporain.

Interroger les images populaires japonaises : Leroi-Gourhan versus Yanagi

Christophe Marquet

EFEO

Lundi 11 janvier 2021 (10h30 - 12h)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Le penseur Yanagi Muneyoshi et l’ethnologue André Leroi-Gourhan furent, dans les années 1920 et 1930, à l’origine de la redécouverte d’une imagerie populaire japonaise appelée Ōtsu-e 大津絵 (« images d’Ōtsu »), du nom de son lieu de production à proximité de Kyōto, entre le XVIIe et le XIXe siècle. Nous confronterons deux textes : Shoki Ōtsu-e 初期大津繪 (Images d’Ōtsu primitives, 1929) de Yanagi, et un manuscrit de Leroi-Gourhan resté inédit de son vivant, Formes populaires de l’art religieux au Japon, issu du premier terrain mené par l’ethnologue, au Japon, en 1937-1939. Ces écrits révèlent des méthodes et des regards différents sur un même corpus d’images. Ils nous conduisent à réfléchir à la question de l’interprétation des documents figurés selon les approches disciplinaires, en l’occurrence l’esthétique, l’histoire de l’art et l’ethnologie de la vie matérielle et des techniques. Les ouvrages rapportés du Japon par Leroi-Gourhan, entrés récemment à la bibliothèque de l’EFEO — dont il fut membre correspondant —, serviront d’éclairage.

Légende : De gauche à droite : Yanagi Muneyoshi, Shoki Ōtsu-e, 1929 ; « Le poisson-chat à la gourde », dessin de Leroi-Gourhan d’après une image d’Ōtsu gravée par Nichinen, circa 1940 (MSH Mondes, Nanterre, archives ALG137/1/1)

Réflexions sur le patrimoine archéologique du nord de Sumatra, IXe - XVIe siècle

Daniel Perret

EFEO

Tombe musulmane ancienne de Barus, Sumatra-Nord

Lundi 14 décembre 2020 (10h30 - 12h)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable obligatoire.

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Les premières mentions du patrimoine archéologique de la partie de Sumatra située dans l'hémisphère nord apparaissent dès la fin du XVIIIe siècle dans la littérature savante occidentale et les découvertes se multiplient avec les explorations et l'avancée de la colonisation à compter du milieu du siècle suivant.

Les recherches archéologiques, épigraphiques et d'histoire de l'art menées dans la région depuis les années 1970, et notamment celles conduites par l'EFEO depuis les années 1990 dans la province actuelle de Sumatra-Nord, en coopération avec le Centre National des Recherches Archéologiques d'Indonésie, éclairent les multiples facettes d'un passé resté longtemps obscur.

Cette communication vise à offrir un panorama de l'état actuel des composantes majeures de ce patrimoine, ainsi qu'un aperçu de ses principaux apports et des nombreuses questions qu'il soulève, non seulement pour l'histoire de l'île, mais aussi pour l'histoire de l'Asie du Sud-Est et de l'océan Indien, entre le IXe et le XVIe siècle.

 

Légende : Tombe musulmane ancienne de Barus, Sumatra-Nord.

Soldats subalternes : le combat méconnu de montagnards bunongs sous la République Khmère (1970-75)

Catherine Scheer

EFEO

Dessin: Lucie Labbé

Lundi 30 novembre 2020 (10h30 - 12h)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable.

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Ce séminaire s’inscrit dans la thématique « Dire et écrire l’histoire » du séminaire ASIES (master Amo - Asie méridionale et orientale : terrains, textes et sciences sociales).

 

Jusqu’à ce jour, peu d’encre a coulé sur le sort que les minorités montagnardes du Cambodge connurent au début des années 1970, quand les Khmers Rouges et les communistes vietnamiens investirent leurs forêts et des bombardiers américains les menacèrent du ciel. Si les habitants des régions du Nord-Est cambodgien sont mentionnés dans des travaux historiques sur cette période, c’est souvent en tant que fidèles alliés des Khmers Rouges. Des histoires entendues sur les hautes terres de Mondulkiri viennent cependant nuancer cette image de rebelles inconditionnels, également promue par le discours officiel des Khmers Rouges. Elles font état d’hommes bunongs embrigadés dans l’armée de la République Khmère pro-américaine et emmenés, avec des membres de leur famille, à la capitale du Cambodge pour combattre les forces communistes. Il s’agit de témoignages provenant des quelques rares survivants de cette mission et de ceux, bien plus nombreux, dont des parents sont partis à Phnom Penh dans ce cadre, mais n’en sont pas revenus. En révélant l’implication, peu ou prou documentée, de Bunongs dans les Forces Armées Nationales Khmères, ces narrations poussent à revoir le récit historique de cette période trouble et compliquent une représentation encore trop souvent monolithique des dites minorités ethniques autochtones du Cambodge.

Dessin : Lucie Labbé

L’orientalisme a-t-il (ré-)inventé le bouddhisme ? Réflexion à partir des sociétés bouddhiques de l’Asie du Sud-Est continentale

Grégory Kourilsky

EFEO

Lundi 2 novembre 2020 (10h30 - 12h)

La conférence aura lieu en ligne sur inscription préalable.

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À lire les très nombreuses études spécialisées portant sur le bouddhisme et publiées en langues européennes depuis près de deux siècles, les différentes formes sous lesquelles le bouddhisme se décline de part et d’autre de l’Asie semblent partout singulières. Quelle que soit la région étudiée – l’Asie extrême-orientale, le plateau tibétain, la péninsule Indochinoise, et même le monde indien –, les spécialistes et observateurs ne laissent pas d’être perturbés par la présence d’éléments qu’ils jugent déplacés au regard de ce que devrait être, à leurs yeux, une société bouddhique : cultes aux esprits ou aux ancêtres, pratiques divinatoires et magiques, rites insolites et textes apocryphes, sont autant d’éléments jugés par eux non conformes à l’Enseignement du Buddha tel qu’il est rapporté dans les textes canoniques primitifs. 

La question mérite cependant d’être posée de savoir s’il est raisonnable d’envisager que toutes les sociétés bouddhiques soient en porte-à-faux, du moins pour partie, avec un bouddhisme orthodoxe qui, dans la réalité, ne se trouve nulle part. À partir du cas des sociétés « theravādin » de l’Asie du Sud-Est continentale, on s’interrogera donc sur les raisons pour lesquelles les orientalistes, depuis le milieu du XIXe siècle, semblent ne pouvoir considérer le bouddhisme vernaculaire autrement que comme étant de nature « hybride » ou « syncrétique » ; ce qui revient, sommes toutes, à mettre en doute son authenticité.

Légende : Louis Finot devant une tour à visages du Bayon, Angkor, Cambodge, 1924 (EFEO_CAM20033).

Nong Hua Thong (Laos) du trésor à la ville

Christine Hawixbrock

EFEO

Lundi 12 octobre (10h30-12h)

L’épidémie de covid oblige l’EFEO à mettre certaines dispositions en place. Le séminaire se tiendra dans le Grand Salon (1er étage) dans la limite de 24 places. Le port du masque est obligatoire sans exception. Pour assister au séminaire sur place, il est nécessaire de s’inscrire au préalable sur le formulaire disponible ici, seules les 24 premières inscriptions seront prises en compte.

Pour assister au séminaire par visioconférence, inscrivez vous en cliquant sur ce lien.

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

En 2008, dans la province de Savannakhet, à Nong Hua Thong, un villageois déterre un « trésor » composé de plus de 200 objets en or (7 kg) et en argent (17 kg). Ce trésor fut caché dans une levée de terre à un endroit facilement repérable, à une date ancienne indéterminée, probablement pour être préservé lors du sac d’une cité. Ces objets, en très bon état, semblent appartenir à un ensemble cultuel. Des plaques en argent historiées de divinités brahmaniques et trois dédicaces en sanskrit et en vieux khmer permettent d’en dater au moins une partie des VIIe-IXe siècles. Les données GPS ont permis de situer l’endroit de la trouvaille à l’intérieur d’un site archéologique urbain, Nong Hua Thong, vu par H. Parmentier dans les années 1910 puis oublié. Trois campagnes de fouilles ont été menées sur ce site par la Mission archéologique française au Sud-Laos (MAFSL) depuis cette découverte (2009, 2011, 2012). Ce trésor a été inscrit par les autorités lao au Patrimoine national. Conservé depuis plus de dix ans dans un endroit sécurisé, son étude scientifique va être prochainement assurée par l’EFEO et la MAFSL. Sa mise en valeur au musée historique de Savannakhet est programmée dans le cadre du projet CHAMPA (AFD) consacré au Sud-Laos : Connaître, préserver et valoriser le patrimoine culturel à Champassak et Savannakhet.

Légende : Bol en or portant une inscription en sanskrit.

Les Chemins hantés du nord : Bouddhisme et société locale dans le Japon moderne (1700-2000)

François Lachaud

EFEO

Lundi 8 juin 2020 (10h-12h30) (heure de Paris)

La conférence aura lieu en ligne. Vous pourrez assister au séminaire en vous connectant sur ce lien.

 

Après la révolte de Shimabara (1637-1638), les autorités japonaises, afin d’éradiquer le catholicisme et, dans son sillage, tous les autres mouvements religieux qui pouvaient troubler l’ordre public décidèrent qu’il était désormais obligatoire de s’affilier – comme individu ou comme ménage – à un monastère bouddhique. Ce système, appelé danka seido, permit de contrôler, de surveiller et, si nécessaire, de punir, les populations. Le système fut appliqué sur l’ensemble du territoire dès 1665. Avec l’affiliation obligatoire, le bouddhisme devint en quelque sorte une « religion officielle » dont la prospérité matérielle était garantie mais aussi une instance de contrôle des populations. En dehors d’une renaissance de l’érudition monastique – notamment dans les écoles zen à l’origine, notamment du renouveau des études chinoises – longtemps cette époque fut considérée comme un âge de déclin du bouddhisme japonais. En réalité, pour la première fois, celui-ci pénétra dans toutes les strates de la société transformant les pratiques religieuses, les formes du croire, les représentations iconographiques et se modifiant lui-même au contact des survivances de pratiques régionales qu’il lui fallut intégrer. Ce processus d’acculturation laisse apparaître de grandes disparités entre les diverses régions du Japon. 

Dans cette présentation, faute de pouvoir traiter de la totalité du territoire, un examen des régions septentrionales du pays – l’ensemble de la région du Tōhoku, notamment du département d’Aomori, et, moindrement d’Ezo (Hokkaidō) – servira de « champ / d’application » pour observer certains traits spécifiques de la relation qui se noue alors entre le bouddhisme et les sociétés locales, entre les morts et les vivants, entre la crainte et l’espérance. Les démons et les revenants, formes privilégiées d’expression de la sensibilité religieuse populaire seront au centre de l’analyse. Celle-ci fera appel à des sources littéraires, ethnographiques, iconographiques, mais aussi au travail de terrain et à la sociologie des religions pour tenter de comprendre comment le bouddhisme s’est adapté au contact des populations pour qui la religion demeurait avant tout une manière d’entrer en relation avec l’au-delà. Une attention particulière sera accordée à la péninsule de Shimokita où l’on peut observer, encore aujourd’hui, quelques-unes des formes singulières prises par les représentations de l’au-delà, des spectres, des démons mais aussi des espérances et des inquiétudes des fidèles.

Ecrire l'histoire en Chine

Alain Arrault

EFEO

Lundi 24 février (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

La première grande annale historique en Chine a été écrite de manière privée quelques siècles avant notre ère. Au fil du temps, la rédaction de l'histoire officielle se trouva définitivement codifiée dans des structures gouvernementales: chaque étape d'une dynastie (ère, règne) était ainsi l'objet d'un enregistrement des événements, des faits importants, et l'écriture de l'histoire complète de la dynastie se trouvait élaborée par la dynastie suivante, un schéma qui a perduré jusqu'à la dernière dynastie des Mandchous. Parallèlement se développèrent une histoire "universelle", -- explorer l'histoire sur sa longue durée et en tirer des leçons pour le présent --, quant au contenu, et des chronologies tabellaires,  parcourant l'histoire de la Chine des temps les plus anciens jusqu'au temps présent, quant à la forme. Cette volonté d'une lecture "panoptique" fut également à l'oeuvre dans une cosmologisation de l'histoire, qui prit des formes différentes, comme par exemple la succession des dynasties qui obéit à des règles cosmologiques, ou encore l'histoire des hommes insérée dans les grands cycles de l'univers...

Légende : Page manuscrite du Miroir pour aider au gouvernement (Zizhi tongjian 司馬光) de Sima Guang (1019-1086) relatant les événements de l'an 322 (dynastie des Jin de l'Est). A la fin du rouleau, une lettre de remerciement de Sima Guang. Ce manuscrit serait de la main de Sima Guang. Conservé la Bibliothèque nationale de Chine.

Déesses et donatrices : de la prise de corps des dieux en Inde

Charlotte Schmid

EFEO

Lundi 27 janvier (10h30 - 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Qu’il s’agisse du Buddha, du Jina, ou de nombre des dieux brahmaniques, la région de Mathurā, actuel centre de pèlerinages au dieu Kṛṣṇa que sa biographie y fait naître, voit s’épanouir, entre le 1er et le IIIe siècle après J.-C., une école de sculpture qui donna corps à bien des dieux de l’Inde. Les images des dieux semblent en effet postérieures aux premiers textes les évoquant : quel que soit le cadre dans lequel on se place, hindouisme ou bouddhisme, pour ne citer que les deux religions les plus fameuses de l’Inde, donner corps à celui qu’on adore apparaît comme un processus non linéaire. Il est intimement lié au culte dont le « dieu » est l’objet. Il s’agira de montrer le rôle spécifique que le corps féminin et la volonté manifestée par les femmes de faire prendre corps, ont joué dans l’apparition des figures des dieux entre divinités d’un espace, dites locales, et les dieux pan-indiens dont le territoire dévotionnel est bien plus vaste que celui de cette région de Mathurā.

Légende : Ayāgapaṭṭa jaïne, Kaṅkālī Ṭīlā, Mathurā, Ier-IIe siècle © Ch. Schmid

Paul Mus, l’« Angkorologie » et les angles (morts) de l’Asie

Eric Bourdonneau

EFEO

Lundi 18 novembre (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Paul Mus ne dit pas tout. Contentons-nous de considérer l’angle sous lequel il nous propose de voir l’Asie » suggérait Serge Thion en introduisant la petite sélection de textes de ce grand génie tutélaire des études asiatiques (Mus 1977). Cet angle est bien sûr celui de l’Asie du Sud-Est, très tôt compris comme un lieu de carrefour, de convergence ou d’aboutissement. Il offrait, aux yeux de Mus, le « bon angle » ou, à tout le moins, un angle privilégié pour embrasser sous un même regard la diversité (évidente) et l’unité (relative) des mondes asiatiques. Mettre ses pas dans ceux de Mus n’est sans doute pas, encore aujourd’hui, la plus mauvaise des introductions à l’Asie, comme l’illustrent les nombreux travaux qui continuent de se réclamer de son héritage.

On se prêtera, à notre tour, à l’exercice mais en le délimitant étroitement. Nous nous concentrerons sur le petit nombre d’écrits que Mus a consacrés à Angkor et sur l’éclairage réciproque que ces derniers proposent entre le terrain angkorien et des « perspectives asiennes » plus globales. Mais, ce faisant, nous prêterons aussi attention à ce que, précisément, Mus ne dit pas, à ces non-dits sur lesquels il faut bien revenir et dont l’examen nous paraît offrir une double vertu : d’une part, comprendre les raisons pour lesquelles l’« Angkorologie » – une discipline qui ne dit pas vraiment son nom et qui définit Angkor davantage comme la matière d’une civilisation à découvrir, que comme celle d’une société à comprendre – demeure l’un des « angles morts » des sciences sociales en terrain asiatique ; d’autre part, saisir dès lors, comme en négatif, les conditions du déploiement de ces sciences sociales ailleurs en Asie.

Légende : Preah Vihear (© Eric Bourdonneau)

South Korea’s perception and policy on China in the age of competition between the US and China. Focusing on the approaches of China experts in Korea

LEE Jung-nam

Professeur Humanities Korea à l’Asiatic Research Institute de la Korea University

Lundi 21 octobre (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

This paper analyzes the direction of development on South Korea’s China policy, by surveying expert group’s opinions on South Korea’s position during the conflict between the US and China in East Asia. The experts recognize Sino-US strategic competition in East Asia and reports that even though it is important to check North Korea based on alliance with the US, South Korea needs to work closely with China to solve the issue of unification, economic growth, and North Korea’s nuclear program. Experts also emphasize that the ROK-US Alliance should be focused on checking North Korea, avoiding China’s suspicion of the three-way alliance among Korea-US-Japan that threats its security. 

Experts have divided opinion on South Korea’s THAAD deployment. However, they agree on that its purpose should be checking North Korea’s nuclear program, not the development of a global MD system of US or three-way security alliance among Korea-US-Japan that aggravates Sino-US strategic competition in East Asia. Also, experts express deficiency of Korean government’s diplomatic efforts to persuade China during the process of THADD deployment. In the end, they argue that Korean government needs to avoid traditional position of taking a ride on a greater power or equidistant diplomacy between the United States and China. Rather, they recommend that Korean government should develop self-directed diplomacy that actively expresses its policies and stands on a case-by-case base and persuades the US and China to align with their positions.

Légende : KOREA JOONGANG DAILY, dessin de Park Yong-seok, 25 mai 2019.

Après la conquête : Stratégies de fondation des « villes-frontières » aux marches occidentales de l’empire des Han

Arnaud Bertrand

Lundi 30 septembre (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Au Ier siècle avant notre ère et au-delà du fleuve Jaune (dans l’actuelle province du Gansu, Chine du Nord-Ouest), la dynastie des Han Occidentaux (206 av. J.-C. – 9 apr. J.-C.), fonde quatre nouvelles commanderies impériales, qui ont pour principales fonctions le contrôle des échanges avec les contrées occidentales. Ce ne sont pas moins de 500 sites fortifiés qui voient le jour en environ un siècle. Parmi ces marques du passé, nous nous intéressons plus particulièrement à ce que nous pouvons appeler la « ville-frontière ». De nouvelles zones fortifiées deviennent les chefs-lieux des préfectures locales destinées à contrôler la région, le commerce et la supervision des vagues successives de migrants chinois occupant les territoires conquis. Bien différente des grandes métropoles de la Chine centrale, ces installations hautement défendues sont à ce jour peu étudiées.

Au cours de cette communication, en s’appuyant sur diverses sources à disposition, nous nous pencherons sur les raisons et les étapes qui ont conduit les stratèges à fonder, à un endroit bien spécifique, ces nouvelles implantations urbaines.

Légende : Citadelle du site de Xiaojiadi 蕭家地, district de Guazhou, Gansu occidental. (Photo A. Bertrand 2018).

Les élites sociales et religieuses dans les Codes anciens du Siam et du Cambodge

Olivier De Bernon

EFEO

Lundi 17 juin (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Les textes de loi traditionnels du Siam et du Cambodge – qui furent en vigueur du XVe au XIXe siècle environ, stipulent que la gravité d’un crime est considérée en fonction statut social de la personne qui a subi le vol ou le dol, et que la punition du coupable est considérablement aggravée si la victime est un membre de la « communauté monastique »  (saṅgha), ou bien s’il s’agit d’un dignitaire au service du roi.

Les mêmes textes disposent, en revanche, que pour un même délit et plus encore pour un même crime, dès lors qu’il est commis par un dignitaire ou par un « religieux ordonné » (bhikkhu), la punition doit être plus sévère et plus ignominieuse que pour toute autre personne, à proportion du rang ou de l’élévation du coupable.

On examinera quelques exemples de cette sorte de « miroir juridique » dans lequel se reflète le statut des élites au Siam et au Cambodge.

Légende : Manuscrit de 1804 du Code des trois sceaux (Siam)

Exil tibétain et transferts religieux : l’exemple de la communauté tibétaine à Taïwan

Fabienne Jagou

EFEO

Lundi 13 mai (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Depuis l’avènement de la République populaire de Chine (1949) et l’incorporation administrative du Tibet à la Chine continentale (1950), de nombreux maîtres réincarnés tibétains et des moines ont quitté le Tibet et pris refuge en Inde, dans les pays himalayens, aux États-Unis, en Europe et dans les pays asiatiques émergents. À l’étranger, ils réagissent de diverses façons aux nouveaux environnements religieux, sociaux, économiques et politiques auxquels ils sont confrontés. Certains décident de conserver une tradition dite “authentique” de transmission et de pratiques bouddhiques tandis que d’autres innovent et adaptent leurs enseignements.

Au cours de cette communication, j’analyserai les causes à l’origine des choix de conservatisme ou d’adaptabilité des maîtres tibétains et la façon dont ils donnent à voir les attentes et la réception de leurs enseignements par les populations locales, en suivant l’exemple de la communauté religieuse tibétaine à Taïwan.

Evolution of Understanding Minjok in the DPRK

Dr. Vadim Akulenko

Far Eastern Federal University, Vladivostok, Russie

Lundi 15 avril (à 14h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

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North Korean historians have imbued with different connotations the term minjok. This concept of minjok could be, albeit malleable in meaning, translated into ethnic group, nation, or people. The constant transformation of the term’s meaning has closely connected to the changes of the official theory of Korean People’s Ethnogenesis, which, in turn, was always adjusted to the transition of the North Korean ideology. In this regard, an analysis of this historical transformation helps understand better the changes in the consciousness of North Korean people, which outweighs the presence of nuclear capability or lag in economic development in terms of an obstacle to the future unification of Korea.

Pour une nouvelle histoire des ordres monastiques (nikāya) du bouddhisme indien

Vincent Tournier

EFEO

Lundi 1er avril (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

Cette intervention commencera par réexaminer l’ouvrage fondamental d’André Bareau sur Les sectes bouddhiques du Petit Véhicule, publié par l’EFEO en 1955 et récemment réédité (en 2015) en traduction anglaise. L’évolution de la réflexion historique depuis six décennies, ainsi que la mise au jour de nombreuses données documentaires, invitent à esquisser une approche nouvelle du paysage institutionnel du bouddhisme indien. L’enjeu est de taille, car un repérage plus fin de la diversité des lignages et des transmissions canoniques, ainsi qu’une sensibilité accrue à l’historicité des catégories d’écoles ayant structuré les discours modernes sur le bouddhisme ancien, peuvent fonder une reconstruction plus nuancée des développements de cette religion. Ces considérations générales seront illustrées par une présentation de données nouvelles concernant plusieurs nikāya présents, au premier millénaire, dans le nord-ouest du sous-continent et dans le Deccan.

Ce séminaire s’inscrit dans la thématique « Bouddhisme » du séminaire ASIES (master Amo - Asie méridionale et orientale : terrains, textes et sciences sociales).

From Scholastic Paraphrase to Customary Law Code? Genres of Javanese Juristic Literature

Timothy Lubin

Washington and Lee University

Lundi 11 mars (10h30 à 12h)

Entrée libre

Maison de l'Asie, salon du 1er étage, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Métro : Iéna ou Trocadéro

In the latter half of the first millennium of the Common Era, Indonesian rulers and elites sought to appropriate and emulate India’s religious and cultural traditions. This involved the import and study of Sanskrit works on Dharma (religious law), and the composition of juristic works in Old Javanese. This presentation will distinguish two quite different Old Javanese juristic genres: (1) scholastic commentarial paraphrase, exemplified by the Svayambhu, on the eighth chapter of Manu’s Code of Law (Mānavadharmaśāstra), a Sanskrit classic; and (2) partly Sanskritised codification of what appears mainly to be Javanese customary law, e.g., the work commonly referred to as Kuṭāra-Mānava. The connections and differences between these genres will be discussed.

Ce séminaire s’inscrit dans la thématique « Images : objets et sources / La recherche dans les sources primaires » du séminaire ASIES (master Amo - Asie méridionale et orientale : terrains, textes et sciences sociales).

Images de généalogies chinoises : objets et sources de la recherche