In Memomiam François Gros

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès, survenu dans sa 88e année, le samedi 24 avril, du Professeur François Gros, tamoulisant hors pair et directeur de l’EFEO de 1977 à 1989.

Né à Lyon le 17 décembre 1933, François Edouard Stéphane Gros, qui était agrégé de grammaire et fut l’élève tant d’André Leroi-Gourhan que de Paul Dumont, commença sa carrière comme professeur de français en Algérie mais se passionna pour l’étude de la langue et de la littérature du frais tamoul dès 1963, lorsqu’il fut engagé par Jean Filliozat, alors directeur de l’EFEO, pour être en poste à l’Institut français de Pondichéry. C’est à ses premières années de Pondichéry que l’on doit, en 1968, la très belle traduction en français du Paripāṭal, où « tant de révélations [sont] largement déployées ». À la tête de l’institution dès 1977, F. Gros s’emploie alors au redéploiement de l’EFEO vers l’Asie du Sud-Est et y consolide la position de l’École tout en veillant à l’organisation du siège parisien avec, notamment, la création d’une véritable bibliothèque à la Maison de l’Asie. F. Gros fut en effet toujours un amoureux des livres, des textes, de la poésie, et c’est ce même désir de comprendre et de faire comprendre qui lui fit étudier non seulement la littérature du Caṅkam, le corpus de la Bhakti tamoule (Tēvāram), l’archéologie avec une publication avec R. Nagaswamy sur la ville d’Uttaramerur ou son engagement dans un projet d’atlas historique, mais encore la littérature tamoule contemporaine, publiant avec L’arbre Nâgalinga, des nouvelles de la deuxième moitié du xxe siècle. Deep Rivers: Selected Writings on Tamil Literature (2009) permet de se faire une idée de son travail. Il est l’un des cinq Européens qui ont reçu du gouvernement indien le Kural Peedam Award, destiné à souligner l’exceptionnelle qualité de l’ensemble des réalisations d’un savant C’est un grand savant en effet qui s’est éteint le 24 avril. Nous voulions lui offrir ce dernier hommage.

Charlotte Schmid, Eva Wilden, Jean-Luc Chevillard et Dominic Goodall

 

 

It is with great sadness that we have learned of the death, on Saturday, April 24, of Professor François Gros, in his 88th year. An outstanding Tamil scholar, he was the Director of the EFEO from 1977 to 1989. Born in Lyons on December 17, 1933, François Edouard Stéphane Gros, who was a grammar teacher and a student of both André Leroi-Gourhan and Paul Dumont, began his career as a French teacher in Algeria, but became fascinated by the study of the language and literature of the Tamil language in 1963, when he was hired by Jean Filliozat, then Director of the EFEO, to work at the French Institute in Pondicherry. It is to his early years in Pondicherry that we owe, in 1968, the beautiful translation into French of the Paripāṭal, where "so many revelations [are] widely deployed". At the head of the institution from 1977 onwards, F. Gros worked to redeploy the EFEO across Southeast Asia and to consolidate the School's position there, while at the same time overseeing the organization of the Paris headquarters, notably by the creation of a real library at the Maison de l'Asie. F. Gros was indeed always a lover of books, of texts, of poetry, and it was this same desire to understand — and to make others understand — that made him study not only the literature of the Caṅkam and the Tamil poetry of Bhakti (Tēvāram). He also became interested in archaeology and produced a publication with R. Nagaswamy on the city of Uttaramerur and became involved in an historical atlas project. Latterly, he turned also to contemporary Tamil literature, publishing L'arbre Nâgalinga, a collection of translated short stories from the second half of the 20th century. Deep Rivers: Selected Writings on Tamil Literature (2009) provides an insight into his work. He is one of only five Europeans to have received the Kural Peedam Award from the Indian government for outstanding lifetime achievement in scholarship. We wish to offer him this last tribute.

Charlotte Schmid, Eva Wilden, Jean-Luc Chevillard et Dominic Goodall