André Lévy (1925-2017) 

Nous avons appris avec tristesse la disparition au début du mois d'octobre, à 91 ans, d'André Lévy, éminent sinologue et grand traducteur de littérature chinoise. A. Lévy a été membre de l'EFEO durant onze années (1958-1969), d'abord à Hanoi où il a assuré l'intérim de la direction jusqu'à la fermeture du Centre, puis à Kyôto où il s'installe en 1959 et à Hongkong à partir de 1966. Après une enfance passée à Tianjin, cité où il est né, il revient en France peu avant la guerre, participe très jeune à la résistance, et suit des études de chinois, de hindi et de sanskrit aux Langues O', à la Sorbonne et à l'EPHE. Il séjourne en Inde et à Ceylan durant deux ans, employé un temps par le CNRS, puis, au cours de ses séjours avec l'EFEO, il décide de se spécialiser dans l'étude de la littérature chinoise ancienne, particulièrement les romans populaires et les contes en langue parlée (voir son Études sur le conte et le roman chinois, 1971, EFEO, PEFEO, 82). De 1969 à sa retraite, il est Professeur à l'université de Bordeaux, en charge des études chinoises, mais assure aussi, entre 1981 et 1984, la direction de l'unité Asie orientale de l'université de Paris-VII. Parmi ses très nombreuses traductions, il faut rappeler celles, monumentales, des deux célèbres classiques que sont le Jin Ping Mei - Fleur en Fiole d'Or (1985, Gallimard, La Pléiade), dont il donne la première traduction intégrale, et le Xiyou Ji - La pérégrination vers l'Ouest (1991, Gallimard, La Pléiade). Mais il fit découvrir aussi de nombreux textes, tels ceux qu'il publie dans L'Antre aux fantômes des collines de l'Ouest, sept contes chinois anciens, XIIe-XIVe siècles (1972, Gallimard-UNESCO, Connaissance de l'Orient) ou dans Sept victimes pour un oiseau (1981, Flammarion), contes judiciaires chinois anciens. Reconnu pour ses travaux en France et à l'étranger, il reçut de nombreuses récompenses, entre autres la médaille de bronze du CNRS, venant saluer son activité d'infatigable traducteur et découvreur.

Yves Goudineau