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Aséanie, 24, Décembre 2009Comment pensent « les généraux ». Gustaaf Houtman et l’énigme du régime militaire birman L’objectif de cet article est d’offrir une introduction critique au travail de Gustaaf Houtman sur la situation politique contemporaine en Birmanie afin à la fois de faire mieux connaître ce travail au-delà des cercles des spécialistes de la Birmanie et de discuter l’analyse de cet auteur. Houtman a formulé l’interprétation la plus sophistiquée qui soit du régime militaire birman actuel, de son idéologie et de sa politique. Cependant, est-il suggéré dans l’article, il n’a pas tiré l’évidente conclusion que son travail inspire, à savoir le fait que « les généraux » sont avant tout birmans, et que leur vision du monde est un produit de la culture birmane.
Maladie et pratiques thérapeutiques en contexte bouddhique arakanais
(ouest de la Birmanie) En s’appuyant sur une étude de cas spécifique, cet article montre qu’en Arakan la maladie est un phénomène conçu comme résultant d’une imbrication de facteurs et géré par une variété de pratiques issues de différents domaines de savoirs et de techniques. Pour la soigner, malades et thérapeutes font appel aux ressources du bouddhisme theravāda, de l’astrologie, de l’alchimie, de la sorcellerie, des savoirs et pratiques ésotériques, de la médecine indigène et de la médecine scientifique d’origine occidentale — cela dans le cadre d’un parcours thérapeutique qui implique une articulation entre ces différents domaines et dont la finalité est de garantir au malade une protection-guérison aussi complète que possible en intervenant sur tous les facteurs à l’origine de la maladie.
Le Prasat Trapeang Phong à Hariharâlaya. Histoire d’un temple et archéologie d’un site Bien que peu connu et peu étudié, le Prasat Trapeang Phong — qui fait partie du groupe de Roluos situé au sud-est d’Angkor — occupe une place particulière et paradoxale dans l’histoire des premiers établissements angkoriens : certains auteurs y ont placé le centre de la première capitale de Jayavarman II dans la région d’Angkor avant la fin du IXe siècle ; d’autres y ont vu un prototype des aménagements hydrauliques angkoriens ; et, plus récemment, on a suggéré que le site était plutôt caractéristique des nombreuses installations « villageoises » qui ponctuent les abords du complexe monumental centré sur le Bakong et qui, ensemble, constituaient la capitale de Hariharâlaya. L’article revient sur ces diverses hypothèses et les confronte aux résultats des fouilles archéologiques réalisées par la mission Mafkata en 2004 et 2005. Il présente ainsi un phasage général qui rend compte des grandes périodes d’occupation qu’a connues ce site (de ses premières occupations préhistoriques et à sa longue occupation à la période angkorienne) et qui ont abouti à sa configuration actuelle. Même si l’on doit abandonner l’idée d’un premier centre urbain et d’une proto « cité hydraulique », le site demeure fondamental pour saisir la nature des premiers aménagements urbains de Hariharâlaya.
De l’art moderne à l’art contemporain. Un transfert de monopole dans le monde de l’art thaïlandais Les études historiques relatives aux arts modernes et contemporains en dehors de l’Europe occidentale rendent régulièrement compte de moments de rupture. Toutefois, s’il arrive aux acteurs du monde artistique concernés d’évoquer de telles ruptures, ils le font sans jamais avancer d’explication. Le présent article se propose d’étudier un tel moment. À travers l’analyse d’une série de curriculum vitae d’artistes et de l’évolution de leur carrière, nous tenterons de montrer en quoi les années 1980 ont constitué une période charnière pour le monde de l’art thaïlandais qui a vu le déclin d’un système artistique moderne de type académique et la mise en place des conditions nécessaires à l’apparition d’un nouveau réseau de reconnaissance : celui de l’art contemporain . À propos d’une « tête » de khakkhara conservée au Musée national de Bangkok Cet article se propose de réexaminer un objet en bronze provenant d’un dépôt de fondation mis au jour en 1940 au Phra Chula Pathon Chedi de Nakhon Pathom. Actuellement conservée dans les collections du Musée national de Bangkok et longtemps négligée par les chercheurs, cette pièce n’est autre que la tête d’un khakkhara, bâton muni dans sa partie supérieure d’une pièce de métal circulaire sur laquelle sont enfilés des anneaux plus petits et qui était autrefois utilisé par certains moines pèlerins dans leurs déplacements ou comme accessoire lors de rituels. D’autres khakkhara ont depuis été mis au jour à Java et en Extrême-Orient et l’on trouve par ailleurs des représentations de ce bâton sur quelques bas-reliefs et peintures murales en Thaïlande et dans les pays voisins. Certains chercheurs ont voulu voir dans ces témoignages une indication de la présence ou de l’influence de certaines communautés monastiques (tels les Mūlasarvāstivādin) dans la région. Mais au-delà de ces questions d’affiliations, nous pensons que ce matériel archéologique constitue plutôt le reflet de pratiques rituelles courantes dans la culture de Dvāravatī. |
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