23 février

WU Liyu (Académie des sciences sociales de Chine)

Au sujet des modèles de lettre et des écrits officiels de Dunhuang

(Université de Pékin, Centre de recherche sur la Chine ancienne)

Les modèles de lettre et les écrits officiels conservés parmi les manuscrits de Dunhuang fournissent de nombreuses informations concrètes sur la vie politique et sociale en Chine médiévale. Pour que ces informations soient pertinentes, il est nécessaire de déterminer la datation et la nature exacte de ces documents. Le conférencier prendra quelques exemples et montrera comment par le biais d'une analyse de leur provenance, de leurs format et règles de mise en page, des appellations employées et des formules de politesse on peut utiliser avec profit ces lettres.

29 mars

TANG Lixing (Universite normale de Shanghai)

Tradition et modernité : étude d'un village de Huizhou

(Université de Pékin, Centre de recherche sur la Chine ancienne)

Le Prof. Tang Lixing conduit depuis de nombreuses années des recherches sur l'histoire et la société locale de Huizhou (province de l'Anhui), avec un intérêt particulier pour des villages " ordinaires ", des sites qui permettent de comprendre la vie sociale et l'organisation clanique des campagnes chinoises. Sur la base de la généalogie familiale des Hu de Zhaitan, dans le district de Jixi, du Registre des réunions au temple des ancêtres Qinsuntang(1933-1947)et d'autres documents découverts sur place lors d'enquêtes de terrain, ce spécialiste s'interroge sur l'ampleur et l'enracinement des rites claniques à Huizhou, en confrontant des données précises, tels que le nombre d'habitants et le taux de la population participant à ces célébrations, ou encore les rapports entre le sanctuaire principal et ceux des différentes branches, la répartition des fonctions, etc. D'autres documents ont permis d'étudier la composition du clan, les travaux menés dans leur temple ancestral, la gestion des ressources économiques et écologiques lors de la guerre sino-japonaise, ainsi que l'histoire de la famille et du village pendant les années de conflit : autant d'éléments pour comprendre le processus de transition entre la tradition et la modernité à partir de l'étude d'une campagne chinoise au début du XXe siècle.

13 avril

Christophe Pottier (Ecole française d'Extrême-Orient, Centre de Siem Reap)

Angkor et son territoire

(Université Tsinghua, Institut d'architecture)

Evoquer l'image d'Angkor est une tâche difficile, ne serait-ce que pour résumer plus d'un siècle de recherches qui s'y sont développées depuis la fin du 19e siècle, en particulier sous les auspices de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Le conférencier développera très briévement cet aspect, et soulignera comment Angkor, largement considéré comme un lieu privilégié pour aborder les " vieux mythes " des grands sites religieux en Asie du Sud-Est, apparaît aussi comme un sujet de " nouvelles approches " qui tentent de replacer les ensembles monumentaux de sanctuaires dans des contextes spatiaux et historiques plus larges.

8 juin

Françoise Wang-Toutain (Centre de recherche sur les civilisations chinoise, japonaise et tibétaine - CNRS

Le tombeau de l'empereur Qianlong et le bouddhisme tibétain

(Université des Minorités, Institut de tibétologie)

Le tombeau de Qianlong (Yuling) situé au sein des Tombeaux de l'est de la dynastie Qing (Qing Dongling) est ouvert depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années. Si une partie des magnifiques sculptures bouddhiques qui ornent cet édifice a été étudiée, les inscriptions en tibétain et en écriture lantsa qui couvrent non seulement les murs et les plafonds (plus de 30 000 caractères en tout) mais également les cercueils, n'avaient pas jusqu'à présent étaient identifiées. Après avoir identifié ces textes, F. Wang-Toutain montre que ceux-ci ne furent pas choisis au hasard et que leur disposition à l'intérieur des différentes chambres du tombeau s'inscrit dans un rituel funéraire complexe relevant du bouddhisme indo-tibétain et s'apparentant à la consécration d'un stupa.

11 octobre

Wang Qianjin (Académie des sciences de Chine Institut d'histoire des sciences naturelles )

Les conceptions du monde en Chine et leurs évolutions

Lorsque l'on évoque les anciennes conceptions géographiques chinoises relatives au monde extérieur, les appellations telles que " Barbares du Sud et de l'Est ", " pays tributaires ", ainsi que " peuples non civilisés " surgissent immédiatement à l'esprit, en raison du repli supposé du peuple chinois sur lui-même. En réalité, il ne s'agit que de l'un des modèles, car le monde était appréhendé suivant différentes grilles : confucéennes, taoïstes, bouddhiques, chrétiennes, etc. Pays et territoires ont été nommés suivant ces diverses approches, et leur appellation a évolué au gré de l'approfondissement des connaissances : certaines se sont conservées bien que des nuances soient apparues dans leur signification ; d'autres ont tout simplement disparu au cours de l'histoire. De nos jours, des mots tels que " monde ", " terre ", " humanité ", etc. sont communément employés.

25 octobre

Eric Rieth (CNRS/LAMOP/Musée national de la Marine )

Epaves, archologie sous-marine et histoire de l'architecture navale

(Institut d'Histoire des sciences naturelles de l'Académie des Sciences)

La conférence sera consacrée à l'étude des épaves des navires en tant que documents historiques. Leur analyse permet en effet d'améliorer nos connaissances sur l'architecture navale, mais également de mieux apprécier les savoir-faire techniques anciens. Seront évoqués les problèmes de conservation sélective des vestiges, de représentativité dans le temps et dans l'espace des épaves, et les relations entre la datation des matériaux, celle de la construction et celle du naufrage. L'apport de l'archéologie subaquatique à la connaissance de l'histoire de l'architecture navale sera démontré à travers une étude de cas : l'épave de la fin du XIIIe-début du XIVe siècle de Cala Culip VI, en Espagne, retenue pour son exemplarité, qui permet de restituer une culture technique médiévale originale.