25 janvier

Michèle JULIEN (CNRS)

Approche ethnologique des sociétés paléolithiques. L'exemple du campement de Pincevent

(Académie de sciences sociales de Chine, Institut d'archéologie)

Découvert en 1963, le site de Pincevent en Seine-et-Marne a fait l'objet de campagnes de fouilles annuelles jusqu'à aujourd'hui. Ce campement en aire ouverte fut occupé par les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur il y a environ 12 000 ans. La fouille de larges surfaces s'est accompagnée d'un enregistrement très précis (aujourd'hui informatisé) des vestiges sur des plans et des photos verticales, afin de comprendre l'organisation du campement : par grandes catégories de vestiges (silex, os, pierre), par éléments fonctionnels (outils, déchets, structures d'aménagement). Cette image statique, qui reflète la somme des activités ayant eu lieu au cours du séjour, doit être complétée par une approche dynamique de la constitution des dépôts. Plusieurs méthodes ont été mises en œuvre pour restituer la chronologie des gestes et des activités : le remontage des pierres et des os, l'étude de la fonction des foyers. Ces méthodes s'appuient sur les acquis indispensables qu'apportent les exemples ethnographiques et les reconstitutions expérimentales. Pincevent se révèle ainsi être un campement spécialisé où plusieurs familles de chasseurs-cueilleurs se réunissaient à la fin de l'automne pour y chasser le renne, lorsque les troupeaux se rassemblaient pour entreprendre leur migration vers d'autres territoires. Ils pratiquaient une chasse collective, avec partage de gibier entre les différentes familles. Les peaux et les bois de renne étaient ensuite traités de façon à reconstituer une partie de l'équipement technique nécessaire à la vie du groupe au cours de l'année.

25 janvier

Claudine KARLIN (CNRS)

La taille du silex, ou comment la technologie conduit de l'analyse d'un fait technique à l'étude d'un fait social

(Académie de sciences sociales de Chine, Institut d'archéologie)

Partie d'une analyse stricto sensu du fait technique, l'étude des techniques mise en œuvre par les hommes préhistoriques est devenue une science du cognitif. Aujourd'hui, elle tente d'être une science du " fait social total " (Mauss), démarche qui nous rapproche de l'ethnologie. La taille du silex fournit l'exemple le plus avancé de cette démarche : l'identification de la matière première, d'origine locale ou transportée, l'analyse des outils fabriqués, l'étude des besoins à satisfaire ont permis de reconstituer les chaînes opératoires de la taille. On observe cependant des variations dans la qualité de la production, ce qui implique l'existence d'un apprentissage. On peut, à partir de l'étude du débitage de lames et de lamelles, comprendre comment se déroulait dans l'espace du campement l'activité de taille et même reconnaître le travail d'un ou de plusieurs individus. Pour pousser plus avant l'analyse du système social et technique, un travail d'ethnoarchéologique s'avère essentiel. Celui que nous avons engagé chez les nomades du renne en Sibérie nous a aidé en particulier à enrichir par de nouvelles questions notre enquête sur la taille du silex à Pincevent.

2 mars

LI Ling (Université de Pékin, Département de chinois)

La religion dans la Chine ancienne : rituel, magie et divination

(Université normale de Pékin)

19 avril

George WILLCOX (CNRS)

La naissance de l'agriculture au Proche-Orient. Apport des méthodes et techniques de l'archéobotanique

(Académie de sciences sociales de Chine, Institut d'archéologie)

Les analyses de restes végétaux ont considérablement enrichi nos connaissances concernant la néolithisation du Proche-Orient. Ce passage (fondamental pour l'homme) entre une économie de cueillette et une économie de production basée sur l'agriculture a eu lieu entre 13 000 et 10 000 avant le présent (datation BP calibrée). Une trentaine de sites archéologiques ont fourni des milliers de restes végétaux carbonisés. Parmi les vestiges, la présence d'une large quantité d'adventices (" mauvaises herbes ") indique la première mise en culture de plantes morphologiquement sauvages. L'ensemble des données montre que la domestication fut extrêmement lente et se produisit de manière indépendante en plusieurs endroits du Proche-Orient. Ce passage a provoqué une expansion démographique et induit le développement de sociétés beaucoup plus complexes qu'auparavant.

25 mai

WANG Chunguang (Institut de sociologie de l'académie des sciences sociales de Chine)

Les communautés chinoises originaires de Wenzhou à Pékin et à Paris. Réseaux de relations et modes de comportements sociaux

(Université de Pékin, Institut de sociologie et d'anthropologie)

13 juin

Eric TROMBERT (CNRS)

Bière et Bouddhisme : la consommation de boissons alcoolisées dans les monastères de Dunhuang aux VIIIe-Xe siècles

(Académie des sciences de Chine, Institut d'histoire des sciences)

Dans la tradition bouddhique, l'abstinence d'alcool est tenue pour l'une des règles qui s'imposent aux moines et aux fidèles les plus pratiquants. Or les comptes de monastères retrouvés à Dunhuang font état de grosses dépenses pour acheter et pour fabriquer des boissons alcoolisées. A partir des données comptables contenues dans ces textes, on a pu mesurer l'ampleur du phénomène, qui concernait autant la hiérarchie monacale que les simples moines.
Tout au long de l'année, les occasions de boire étaient multiples : banquets maigres, célébrations diverses, mais aussi grandes fêtes bouddhiques. A côté d'une large utilisation festive, les boissons alcoolisées servaient aussi de moyens de paiement. Enfin, elles étaient présentes dans de nombreux rituels non bouddhiques auxquels participaient les moines. Seule restriction décelable : il ne semble pas que les boissons alcoolisées aient joué un rôle dans les cérémonies spécifiquement bouddhiques. Les mêmes sources montrent en outre qu'une part importante des boissons était fabriquée au sein même des monastères ; mais elles révèlent aussi l'existence d'entreprises spécialisées, gérées par des laïcs, dont les monastères étaient les principaux fournisseurs et clients. Il semble donc qu'à Dunhuang l'Eglise bouddhique et le monde laïc vivaient dans un tel état de symbiose que la première avait fini par accepter des pratiques étrangères, voire contraires à ses principes. La règle d'abstinence fut en quelque sorte victime du triomphe de la doctrine.
On s'est attaché à préciser la nature des boissons consommées (des bières) et, grâce à un document unique, on a pu déterminer la composition exacte de quelques cuvées.

27 septembre

CHEN Xingcan (Institut d'archéologie de l'académie de sciences sociales de Chine)

L'expansion des premières royautés chinoises envisagée à travers les ressources en cuivre et en sel.

(Université de Pékin, Département d'archéologie, Musée Sackler)

21 novembre

DENG Wenkuan (Institut de recherche du bureau du patrimoine)

Des calendriers de Dunhuang aux almanachs populaires du Sud-est asiatique

(Académie des sciences de Chine, Institut d'histoire des sciences)