Frédéric Girard

Montreuil-sous-Bois, 1949

Membre depuis 1982

Frédéric Girard suit des études de japonais à l'Institut national des langues et civilisations orientales, à l'université Paris-VII (doctorat de IIIe cycle en études extrême-orientales) et à l'École pratique des hautes études (diplôme de la IVe section, sous la direction de B. Frank), parallèlement à des études de philosophie à l'université de Paris-IV (maîtrise de philosophie indienne avec O. Lacombe). Il effectue ensuite un séjour d'une dizaine d'années au Japon : pensionnaire à la Maison franco-japonaise et chercheur à l'université Waseda de Tôkyô, il travaille sur l'histoire des doctrines du bouddhisme japonais et s'initie à la lecture des textes bouddhiques indiens, chinois et japonais, en particulier avec les professeurs Hirakawa Akira, Kamata Shigeo et Misaki Ryôshû. Durant son séjour, il participe à des missions d'enquêtes sur les manuscrits anciens, dirigées par le professeur Tsukishima Hiroshi, sous l'égide du Ministère japonais de l'Education, dans les bibliothèques de plusieurs établissements de recherche, universitaires ou monastiques, et peut ainsi rassembler et dépouiller une documentation, notamment, au temple du Kôzanji de Kyôto, qui lui permet de mettre au point son doctorat en 1982, avant d'entrer à l'EFEO.

Son intérêt se porte, dans un premier temps, sur la philosophie moderne, puis s'oriente vers l'étude approfondie des doctrines de " l'Ornementation fleurie " (Kegon), fondement majeur des courants philosophiques du bouddhisme sino-japonais, dont d'ailleurs la pensée du philosophe Nishida Kitarô s'inspire. Il éudie en particulier deux personnalités saillantes, Myôe (1173-1232) et Gyônen (1240-1321), qui ont illustré ces doctrines de manière exemplaire à l'époque de Kamakura (1185-1333), période par ailleurs marquée par un puissant renouveau et une japonisation remarquable du bouddhisme. Il s'attache à comparer leurs idées aux conceptions qui avaient cours antérieurement sur le continent ainsi qu'au Japon, dans le courant de " l'Ornementation fleurie " et concernant l'exégèse du célèbre semi-apocryphe (?) chinois, le Dacheng qixin lun (Traité sur l'acte de foi dans le Grand Véhicule), dont il a fait récemment une étude et une traduction sur des bases scientifiques renouvelées, afin de mieux dégager les adaptions, les innovations et les développements proprement japonais qu'ils ont opérés.

Il étudie la pensée des fondateurs et théoriciens du bouddhisme japonais des écoles antérieures de Nara et de Heian, ainsi, actuellement, que de Dôgen (1200-1253), introducteur de la branche Sôtô du Zen à l'époque de Kamakura : il prépare un ouvrage touchant la genèse de son œuvre, tout en étudiant comment cette secte venant de la Chine s'est ancrée parmi le clergé et dans les courants religieux et de pensée japonais. L'un de ses buts est, par ces enquêtes à la fois transversales et diachroniques, de chercher à définir la " japonité " du bouddhisme que l'on rapporte généralement à cette époque de Kamakura, mais qui s'avère appartenir, en réalité, plus généralement à la période médiévale, voire la déborder, dans une perspective de longue durée, jusqu'à des problématiques de philosophie moderne. Il s'intéresse aussi à la vie intellectuelle de l'époque des Tokugawa (1615-1868), en particulier à ses débuts, dès l'époque où le christianisme a pénétré au Japon avant d'en être rapidement rejeté : il s'attache en particulier à l'étude des réactions, directes ou indirectes, des religieux bouddhistes et des penseurs confucianistes vis-à-vis de la religion nouvelle.

Publications

2008

« Mots d'Occident, Coeur du Japon (Seiyô no kotoba, Nihon no kokoro) » [Western words, Japanese spirit] (conversation between Frédéric Girard and Matsubara Hideichi, honorary professor honoraire at Keiô University) in Furansu (La France), Hakusuisha, Octobre 2008, special number for the 150th anniversary of Franco-Japanese relations, pp. 12-15.

2008

« Extase et écriture. Stances en chinois et dénouements de crises dans les écoles Zen au Japon », Savoirs et clinique, 2008/1, n° 9, p. 98-107.

2008

« Le Zen à Kyôto et les fondateurs de temples », dans Shôkokuji, Pavillon d'Or, Pavillon d'Argent, Art et Zen à Kyôto, Paris Musées, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 2008, p.31-40.

2008

« Les phénomènes sont interdépendants » dans La Philosophie du bouddhisme : De la paix en soi à la paix du monde, Paris.

2008

« Quelques souvenirs de Yanagida Seizan », dans Mélanges posthumes à la mémoire du professeur Seizan Yanagida (Yanagida Seizan sensei tsuitô bunshû), compilés par le professeur Urs App, Zen bunka kenkyûjo [Centre de recherches sur la culture zen], Université Hanazono, Kyoto, 8 novembre 2008, pp. 26-30.

2009

« Le Lieu chez Nishida Kitarô et l'espace bouddhique », dans  Frontiers of Japanese Philosophy 3, Nanzan Institute for Religion and Culture, 2009, p. 41-57.

2009

« Présence de l’infini », dans Zen, Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme..., Comprendre les pensées de l’Orient, Le Nouvel Observateur, Hors-Série, février-mars 2009, pp. 46-49.

2009

 « Les collèges jésuites dans le Japon des XVIe et XVIIe siècles », dans CIPAO I, Maisonneuve, Paris, 2009, p. 371 – 394.

2010

Yoroppajin no Nihon shūkyō heno apurōchi - Emiīru Gīme to Nihon no sōryo, kannushi no mondō - (The Approach of a European towards Japanese Religions : The Dialogues of Emile Guimet with Japanese Monks and Priests), International research Institute on Japanese Culture, 2010, 48 pages.

Bibliographie complète

Accueil EFEO